De l’aide pour les endeuillés

EETech
EETech
Jan 16, 2012, 9:28 AM |
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“ Jéhovah est près de ceux qui ont le cœur brisé. ” — Psaume 34:18.

APRÈS la perte d’un être cher, vous risquez d’être envahi par des émotions diverses : choc, torpeur, tristesse, voire culpabilité ou colère. Comme mentionné dans l’article qui précède, tout le monde ne réagit pas de la même façon. Par conséquent, peut-être que vous n’éprouverez pas tous ces sentiments ni ne manifesterez votre chagrin comme d’autres le font. Quoi qu’il en soit, quand on en a besoin, il n’y a pas de mal à exprimer sa souffrance.

“ Laissez aller votre chagrin ! ”

Après la mort de sa mère, Heloisa, le médecin déjà cité, a essayé de réprimer ses sentiments. “ Bien sûr, j’ai pleuré au début, dit-elle, mais très vite, j’ai refoulé mes sentiments, exactement comme lors du décès d’un patient. Ma santé s’est beaucoup dégradée, sans doute de ce fait. Aux endeuillés, je donnerais ce conseil : laissez aller votre chagrin ! Faites-le sortir. Ça vous soulagera. ”

Toutefois, tandis que les jours et les semaines passent, vous pourriez vous reconnaître en Cecília, dont le mari a succombé à un cancer. “ Parfois, confie-t-elle, je m’en veux parce que je n’ai pas encore, comme certains ont l’air de s’y attendre, repris le dessus. ”

Si vous avez eu de telles pensées, souvenez-vous qu’il n’y a pas une seule façon d’être en deuil. Certains parviennent à tourner la page avec une relative facilité. D’autres non. Et hâter le processus est impossible. Alors, ne vous sentez pas obligé de vous fixer une “ date limite ” à partir de laquelle il vous faudra aller mieux*.

Mais que faire si votre affliction est un puits sans fond et que votre désespoir ait raison de vos forces ? Vous êtes peut-être comme Jacob, un homme droit qui, ayant appris la mort de son fils Joseph, “ refusait de se laisser consoler ”. (Genèse 37:35.) Si vous êtes inconsolable, quelles mesures concrètes pouvez-vous prendre pour que la douleur ne vous engloutisse pas ?

Un père âgé en train de réconforter son fils adulte en pleurs

Un parent endeuillé doit parfois consoler son enfant adulte également affligé.

Prenez soin de vous. “ Parfois, je me sens terriblement fatiguée. Je me rends compte que j’ai dépassé mes limites ”, déclare Cecília. Comme le souligne sa remarque, le chagrin peut prélever un lourd tribut, physique et moral. C’est pourquoi prêtez une attention particulière à votre santé. Dormez suffisamment et mangez des aliments nutritifs.

Certes, vous n’avez peut-être pas énormément d’appétit et encore moins envie de faire des courses ou la cuisine. Pourtant, négliger votre alimentation vous prédisposerait aux infections et à des maladies, ce qui ne ferait qu’aggraver votre détresse. Efforcez-vous de manger, même par petites quantités#.

Si possible, faites de l’exercice, ne serait-ce que de la marche. Une activité physique peut vous faire sortir de chez vous. De plus, l’exercice modéré déclenche la libération d’endorphines, des substances chimiques produites par le cerveau qui contribuent au mieux-être.

Acceptez d’être aidé. C’est particulièrement important quand on se retrouve veuf. Votre conjoint s’occupait peut-être d’un certain nombre de tâches, telles que les comptes ou les activités ménagères. Au début, sans doute aurez-vous du mal à vous en charger tout seul. Des conseils d’amis pleins de tact peuvent alors s’avérer très utiles. — Proverbes 25:11.

La Bible dit qu’un ami véritable est une personne “ né[e] pour les jours de détresse ”. (Proverbes 17:17.) Ne vous isolez donc pas, dans l’idée que vous seriez un fardeau. Au contraire, les contacts humains peuvent constituer le pont qui mène du chagrin à l’acceptation. Après la mort de sa mère, une jeune femme nommée Sally a trouvé la compagnie des autres très revigorante. “ J’étais souvent invitée, raconte-t-elle. Cela m’a vraiment aidée à supporter l’immense solitude que je ressentais. J’étais sensible à des questions simples du style : ‘ Comment te sens-tu depuis le décès de ta mère ? ’ Parler de maman m’a aidée à guérir. ”

Une femme en train d’écrire un journalUn homme en train de regarder des photosUn jeune homme en train d’aider une dame âgée

Tenir un journal, regarder des photos et accepter d’être aidé sont autant de moyens de faire face au deuil.

Laissez remonter les souvenirs. Essayez de vous remémorer les bons moments passés avec l’être disparu, pourquoi pas en regardant des photos ? Ce sera probablement douloureux au début, c’est vrai. Mais avec le temps, ces souvenirs peuvent favoriser votre guérison plus qu’ils ne vous feront souffrir.

Autre suggestion : tenez un journal. Écrivez-y vos bons souvenirs, voire ce que vous auriez voulu dire à l’être cher s’il était toujours en vie. Quand on les met sur papier, il est généralement plus facile d’y voir clair dans ses sentiments. L’écriture peut également se révéler un excellent exutoire.

Qu’en est-il des objets qui évoquent la mémoire du défunt ? Les opinions diffèrent à ce sujet, ce qui est logique puisque, répétons-le, chacun vit sa peine à sa façon%. Certains estiment que s’attacher à des objets est un obstacle à leur guérison, d’autres que c’est une aide. “ J’ai gardé beaucoup de choses appartenant à maman, dit Sally. C’est un bon moyen de supporter l’absence. ”

Une femme en train de lire la Bible pour se consoler

“ Même au plus bas, j’ouvrais la Bible et je lisais, ne serait-ce qu’un verset. ” — Lauren

Reposez-vous sur “ le Dieu de toute consolation ”. La Bible dit : “ Jette ton fardeau sur Jéhovah lui-même, et lui te soutiendra. ” (Psaume 55:22). La prière n’est pas une sorte de béquille psychologique. C’est une communication réelle et indispensable avec “ le Dieu de toute consolation, qui nous console dans toute notre tribulation ”. — 2 Corinthiens 1:3, 4.

La Parole de Dieu, la Bible, offre la plus grande consolation qui soit. L’apôtre Paul a déclaré : “ J’ai cette espérance envers Dieu [...] qu’il va y avoir une résurrection tant des justes que des injustes. ” (Actes 24:15). Lorsqu’on pleure un proche, méditer sur l’espérance biblique de la résurrection peut être ce qu’il y a de plus réconfortant^. Lauren, qui a perdu son frère adolescent dans un accident, l’a constaté. “ Même au plus bas, témoigne-t-elle, j’ouvrais la Bible et je lisais, ne serait-ce qu’un verset. Je choisissais des passages particulièrement encourageants, que je lisais et relisais. Je puisais de la consolation dans ces paroles que Jésus a adressées à Marthe après la mort de Lazare : ‘ Ton frère ressuscitera. ’ ” — Jean 11:23.

“ Vous n’êtes pas obligés de vous laisser engloutir ”

Aussi difficile que ce soit, dompter votre douleur vous aidera à tourner la page. Ne culpabilisez pas comme si franchir ce cap revenait à trahir ou à oublier l’être aimé. Le fait est que vous ne l’oublierez jamais. Dans certaines circonstances, des souvenirs peuvent vous assaillir, mais peu à peu, votre angoisse s’apaisera.

Vous parviendrez peut-être même à vous souvenir avec tendresse de moments heureux teintés de tristesse. Par exemple, Ashley, mentionnée dans l’article précédent, raconte : “ Je me rappelle la veille du décès de maman. Elle avait l’air d’aller mieux et avait quitté le lit pour la première fois depuis plusieurs jours. Alors que ma sœur la peignait, quelque chose nous a fait rire toutes les trois. Il y avait longtemps que je n’avais pas vu un tel sourire éclairer son visage. Elle était si contente d’être là, avec ses filles ! ”

COMMENT VAINCRE LE SENTIMENT DE CULPABILITÉ

Il se peut que vous pensiez avoir contribué par une négligence à la mort d’une personne que vous aimiez. Il n’est pas inutile de savoir que ce sentiment de culpabilité, réel ou imaginaire, est somme toute normal. Là encore, il est préférable de ne pas tout garder pour soi. C’est en parlant à quelqu’un d’autre de votre sentiment de culpabilité que vous trouverez le soulagement dont vous avez besoin.

Cependant, rappelez-vous ceci : malgré toute l’affection que vous éprouvez pour quelqu’un, vous n’avez aucun pouvoir sur sa vie. Vous ne pouvez pas empêcher “ temps et événements imprévus ” de survenir (Ecclésiaste 9:11). Par ailleurs, il ne fait pas de doute que vos motivations n’étaient pas mauvaises. Par exemple, si vous avez tardé à prendre un rendez-vous chez le médecin pour l’un de vos proches, était-ce exprès pour qu’il tombe malade et meure ? Bien sûr que non. Alors, êtes-vous vraiment responsable de son décès ? Non.

Une mère a appris à lutter contre le sentiment de culpabilité après l’accident de la route dans lequel sa fille a trouvé la mort. Elle explique comment : “ Je me sentais coupable de lui avoir demandé de sortir ce jour-là. Mais j’ai fini par me rendre compte que cela ne tenait pas debout. Il n’y avait rien eu de mal à l’envoyer faire des courses avec son père. C’était un terrible accident, voilà tout. ”

‘ Mais il y a tant de choses que j’aurais aimé dire ou faire pour lui ! ’ protesterez-vous peut-être. Sans doute, mais qui oserait se vanter d’avoir été un père, une mère, une fille ou un fils irréprochable ? La Bible nous rappelle : “ Tous, nous trébuchons bien des fois. Si quelqu’un ne trébuche pas en parole, celui-là est un homme parfait. ” (Jacques 3:2 ; Romains 5:12). Acceptez donc votre imperfection. Il ne sert plus à rien de ressasser des “ si seulement ”. Cela ne peut que retarder votre rétablissement*.


*  Cet encadré est un extrait de la brochure Quand la mort frappe un être aimé... publiée par les Témoins de Jéhovah.

Un homme en train de lire une brochure réconfortante

Vous serez également capable de réfléchir aux précieuses leçons apprises aux côtés de l’être cher. Sally rapporte : “ Maman était très pédagogue. Elle donnait d’excellents conseils avec beaucoup de doigté. Elle m’a appris à prendre de bonnes décisions, mes propres décisions, et pas celles qu’elle ou mon père m’aurait dictées. ”

Vous souvenir du disparu pourrait être précisément ce qu’il vous faut pour aller de l’avant. Un jeune homme du nom d’Alex explique : “ Après la mort de mon père, j’ai décidé de poursuivre ma vie de la manière dont il me l’avait enseigné : en gardant toujours le goût de vivre. À ceux qui ont perdu leur père ou leur mère, voici mon message : vous ne vous consolerez jamais réellement de la mort de votre parent, mais vous n’êtes pas obligés de vous laisser engloutir. Pleurez autant que nécessaire, mais n’oubliez pas qu’il vous faut tirer le meilleur parti de la vie, qui continue. ”


*  À cet égard, vous devriez éviter de prendre à la hâte des décisions telles que déménager ou refaire votre vie. Ce genre de changements ne devrait avoir lieu que lorsque vous avez eu amplement le temps de vous adapter à votre nouvelle situation.

#  Bien que l’alcool puisse atténuer le mal dû à l’absence, ses effets sont momentanés. Il ne vous aidera pas, à long terme, à surmonter votre peine, et vous risquez de devenir dépendant.

%  Étant donné que chacun a son propre parcours de deuil, parents ou amis ne devraient pas essayer d’imposer leur point de vue à ce sujet. — Galates 6:25.

^  Au sujet de la condition des morts et de la promesse de la résurrection, voir les chapitres 6 et 7 du livre Qu’enseigne réellement la Bible ?, publié par les Témoins de Jéhovah.