Un roi emprisonné

Un roi emprisonné‎

Gserper
GM Gserper
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52 | Finales

Les finales constituent une phase des plus techniques, difficile à appréhender pour la plupart des joueurs récemment plongés dans l'univers des échecs. Elles comportent en effet de nombreuses règles qui vont souvent à l'encontre des principes fondamentaux des ouvertures et du milieu du jeu. Par exemple, un pion passé éloigné, d'une colonne de la tour ou d'un cavalier, devient soudainement plus important qu'un pion central. De plus, le fait que les rois se muent en participants à part entière à l'action est difficile à accepter pour les joueurs inexpérimentés. Pour dissiper leur peur de centraliser leur monarque en finale, je leur montre généralement cette partie remarquable :

À part le célèbre chef d'œuvre de Short contre Timman, vous ne trouverez pas beaucoup d'exemples d'une telle marche du roi en milieu de jeu, alors qu'elle est courante en finale. Par conséquent, si vous parvenez à restreindre le roi de votre adversaire en le mettant dans une sorte de prison dorée, vous prendrez un sérieux avantage. La partie suivante démontre assez bien ce concept. J'ai eu la chance de la suivre en direct puisque je disputais ma propre partie sur l'échiquier d'à côté.

Les forts joueurs ne manquent généralement pas l'occasion de mettre le roi de l'adversaire hors jeu, c'est pourquoi j'ai été surpris par le raté suivant du GM Dominguez :

Magnus Carlsen
Magnus Carlsen doesn't believe in fortress, but he does believe in locking in kings. Photo: Maria Emelianova/Chess.com.

Dans la partie, les noirs sont passés à côté de cette idée et ont même fini par s'incliner : 

Bien sûr, n'oubliez pas que ce n'était qu'un blitz. En attendant, attardons-nous sur un autre exemple où Carlsen s'en est sorti avec un peu de réussite en utilisant ce concept contre Aronian :

Troitsky. Photo : Wikipedia.

Il n'est pas toujours possible de créer une cage imaginaire autour du roi de votre adversaire pour l'emporter mais parfois cette ressource peut constituer une clé surprenante pour sauver des parties qui paraissent désespérées. 

Essayez de trouver comment faire nulle dans la position suivante, créée par le grand compositeur de problèmes, Alexey Troitsky. La solution est très complexe donc si vous êtes classé moins de 2000 élo, prenez votre courage à deux mains et plongez-vous dans une profonde réflexion :

Si vous pensez que de telles situations ne se produisent que dans des études, vous vous trompez. Voici une vraie partie entre deux Grands Maîtres :

Les leçons à en tirer sont ici assez simples :

  1. N'oubliez pas que le roi devient une pièce active à part entière en finale.
  2. Ne ratez pas une opportunité de coincer le roi adverse et méfiez-vous d'une éventuelle prison pour le vôtre.
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