Alekhine et la révolution (2) 1er partie

Alekhine et la révolution (2) 1er partie

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C’est durant cette période, en 1919, et dans des circonstances demeurées obscures, qu’Alexandre Alekhine aurait été arrêté et même condamné à être fusillé pour haute trahison.

« Malheureusement ce jeune et brillant maître, issu de la haute bourgeoisie russe, semble avoir péri dans un des innombrables massacres organisés par les soviets. » Alphonse Goetz (1865-1934) (champion de France officieux 1914) en 1921

1917

Après l’abdication du tsar Nicolas II, le ministre des affaires étrangères du gouvernement provisoire, Milioukov, s’était engagé à poursuivre la guerre jusqu’à la victoire finale aux côtés des alliés. Ceci provoqua des manifestations armées de la part des ouvriers et des soldats, soutenues par le soviet (Un contre-pouvoir représentant le peuple alors que le gouvernement provisoire représentait plutôt la bourgeoisie). Ils exigeaient une paix immédiate et la redistribution des terres aux paysans et, bientôt, Milioukov fut contraint à la démission.

Fyodor F.Ilyin, alias Raskolnikov, était un des meneurs de la Révolution de février et de la révolte des marins de Kronstadt contre leurs officiers. Arrêté puis relâché en novembre, il rejoignit Lénine en dirigeant le détachement de marins envoyés à Moscou pour réprimer les discours anti-bolcheviks.

Les marins de Raskolnikov firent régner la terreur avec le prétexte de rechercher des stocks d'armes. Les marins firent usage de la violence en pratiquant des fouilles, des arrestations et des exécutions pour écraser toute résistance. Raskolnikov, alors considéré comme un héros de la Révolution, n’était autre que le frère du joueur Alexandre Ilyin Genevsky !

Entre-temps un nouveau gouvernement dirigé par un aristocrate, le prince Lvov, fut incapable de réunir suffisamment d’appui.

Lvov laisse sa place au jeune avocat socialiste Kerenski. Il est d’abord perçu comme l’homme providentiel mais son refus de se désengager dans le conflit qui l’oppose aux empires centraux, avec la mise sur pied d’une offensive en Galicie en juillet 1917, tourne au désastre et provoqua bientôt sa chute.

« La Russie passe dès lors vite d’une guerre civile larvée à une guerre civile ouverte qui sourd des tréfonds même de la société : dès la fin juin, les soldats refusent en nombre croissant d’obéir à leurs officiers et commencent à déserter massivement ; les paysans soldats voulaient la terre depuis longtemps et, depuis juin 1917, des centaines de milliers d’entre eux ont quitté les tranchées, planté leur baïonnette en terre et sont partis au village se partager les biens des grands propriétaires. Pour ces déserteurs, comme pour les soldats restés dans les tranchées, la paix est l’unique garantie de participer au partage de la terre. Or toutes les forces politiques, sauf les bolcheviks, leur disent : La paix est impossible avant la victoire, la terre intouchable avant l’Assemblée constituante. » (Histoire de la guerre civile russe Jean-Jacques Marie Talandier 2015)

La 2e révolution d’octobre vit Lénine succéder au jeune avocat Kerenski et la réalisation de son credo « Tout le pouvoir aux Soviets ! » qui allait déboucher sur la dictature du prolétariat. Le couronnement de sa victoire, avec la prise du palais d’hiver le 6 novembre, est bien loin du mythe soviétique entretenu par le film d’Eisenstein.

« Jamais une échauffourée de si petite envergure (une dizaine de victimes, d'après les historiens soviétiques) n'a eu des conséquences aussi prodigieuses, et une fois de plus, le sort de la capitale décida de celui du pays tout entier Léon Poliakov (Les totalitarismes du XXe siècle, Fayard).