Les échecs toute une histoire (7)
Championnes du monde
Organisée par la FIDE, le Championnat du monde d’échecs féminin existe depuis 1927. Depuis l'édition de 2010, le championnat du monde se déroule chaque année soit sous la forme d'un match entre deux joueuses, soit sous la forme d'un tournoi à élimination directe (avec éventuellement des parties rapides de départage) avec 64 concurrentes au départ.
Depuis les années 1990, le championnat est souvent gagné par des Chinoises. La championne du monde en titre (2020) est la Chinoise Ju Wenjun qui a retenu son titre en janvier 2020 après un premier titre en 2018 et une défense victorieuse récemment contre Goryachkina.
À noter que certaines joueuses ont choisi de participer exclusivement aux compétitions mixtes et n'ont donc jamais concouru pour le titre mondial féminin comme la Hongroise Judit Polgár, meilleure joueuse de tous les temps avec un classement Elo de 2 735 points et huitième au classement mondial mixte en 2004.
Grands tournois
- Coupe du monde d'échecs (à Khanty-Mansiïsk en 2019) qui offre deux places pour le tournoi des candidats
- Tournoi des candidats (à Iekaterinbourg en 2028) qui détermine qui sera opposé au champion du monde en titre
- Grand Prix FIDE, composé, suivant les années de 4 à 6 tournois fermés
- Grand Chess Tour, composé suivant les années de 3 à 7 tournois fermés
- Coupe Sinquefield (Saint-Louis, États-Unis)
- Festival d'échecs de Bienne (Suisse)
- Festival d'échecs de Gibraltar
- Open Aeroflot à Moscou (Russie)
- Tournoi d'échecs de Dortmund (Allemagne)
- Tournoi de Hastings (Royaume-Uni)
- Tournoi Norway Chess (Norvège)
- Mémorial Capablanca (Cuba)
- Tournoi Chess Classic de Londres (Angleterre)
- Tournoi d'échecs de Poïkovski (tournoi Karpov, Russie)
- Tournoi des rois (Roumanie)
- Tournoi d'échecs de Sarajevo (tournoi Bosna, Bosnie-Herzégovine)
- Tournoi de Wijk aan Zee (Pays-Bas)
Depuis la saison 2004-2005, plus de 70 grands événements mondiaux sont regroupés au sein de l'ACP Tour, mise en place par l'ACP21, l'association des joueurs d'échecs professionnels.
- Tournois en France
- Open de Cappelle-la-Grande (France)
- Tournoi Corsica Masters (France, tournoi rapide)
- Anciens grands tournois
- Mémorial Tal à Moscou (Russie)
- Tournoi d'échecs d'Amsterdam (Pays-Bas)
- Tournoi d'échecs de Bilbao (Espagne)
- Tournoi d'échecs de Bugojno (Yougoslavie)
- Tournoi de Linares (Espagne)
- Tournoi d'échecs de Nankin (Chine)
- Tournoi d'échecs de Reggio Emilia (Italie)
- Tournoi d'échecs de Sofia (Bulgarie)
- Tournoi d'échecs de Tilburg (Pays-Bas)
- Tournoi d'échecs de Zurich (Zurich Chess Challenge, Suisse)
Olympiades
Les olympiades d'échecs sont une compétition par équipes organisée par la Fédération internationale des échecs (FIDE) depuis 1927. Interrompues par la Seconde Guerre mondiale en 1939, elles ont repris en 1950 et se déroulent chaque année paire. Elles opposent des équipes nationales de quatre joueurs (et un remplaçant). La première édition a eu lieu en 1927 à Londres.
Psychologie
La psychologie échiquéenne est l'objet de nombreuses études, on peut classer ces études en deux types : « ceux réalisés par les psychologues pour explorer le fonctionnement du psychisme humain et usant du jeu d'échecs comme outil, […] et, d'autre part, les analyses faites par les joueurs d'échecs […] pour améliorer leur niveau… »22
Dans la première catégorie, Alfred Binet publie en 1894 Psychologie des grands calculateurs et joueurs d'échecs, ouvrage dans lequel il étudie les processus cognitifs nécessaires au joueur d'échecs, en particulier les représentations mentales qui permettent aux joueurs d'abstraire l'échiquier et ses pièces afin de réfléchir sans avoir à les déplacer ou jouer une partie à l'aveugle23. En 1946, le psychologue néerlandais (et joueur d'échecs) Adriaan de Groot publie une importante étude des mécanismes du choix des coups. Le grand maître et psychologue Reuben Fine dans son livre Psychology of the Chess Player24 montre que la principale différence entre l'amateur et le maître réside dans la capacité à mémoriser puis reconnaître les différents schémas ou thèmes qui apparaissent lors d'une partie. Il compare cette capacité à la maîtrise d'un langage.
Dans les deux dernières décennies, l’intérêt pour les échecs et ses possibles avantages cognitifs a augmenté radicalement. Une possible explication de ce phénomène est donnée par Giovanni Sala et Fernand Gobet, deux professeurs et docteurs en psychologie25 : il serait provoqué par les changements dans la demande actuelle de travail dans notre société, en effet de plus en plus de jobs requièrent certaines capacités cognitives et de raisonnement, à cause de l’avancement rapide du domaine du STEM (Science, Technology, Engineering, Mathematics). C’est donc logique qu’il y ait plus de ressources utilisées pour le développement d’une activité qui pourrait améliorer les compétences des futurs employés dans ces secteurs. Des études ont été effectuées à cet effet, principalement dans des écoles, afin de monitorer les avantages et/ou désavantages que les échecs pourraient porter par rapport à l’enseignement actuel. En 2011 Ayperi Dikici Sigirtmac, une professeure à Cukurova University, a publié une étude avec des enfants de six ans en Turquie26, montrant que sur un test conceptuel, les élèves auxquels ont été enseignés les échecs ont obtenu de meilleurs résultats par rapport aux élèves ayant une instruction standard. Aucune différence n’a été constaté entre les deux sexes. Une autre publication en 2015 de Giovanni Sala, Alessandra Gorini et Gabriella Pravettoni, sur une expérience effectuée dans une école en Italie avec des jeunes entre huit et dix ans27, trouve une corrélation similaire avec la compréhension des mathématiques entre les élèves qui ont eu un cursus avec ou sans des cours d’échecs. D’autres études dans des institutions d’enseignements où les échecs ont été appris à des étudiants, obtiennent des résultats qui indiquent une influence positive. Mais comme analysé par Giovanni Sala et Fernand Gobet en 201625, il est difficile d’effectuer ces expériences dans des conditions idéales. Ces conditions permettraient d’éliminer un éventuel effet « placebo », qui pourrait être causé par différents facteurs, tels que la motivation des enseignants d’échecs ou l’effet qu’apprendre une nouvelle activité pourrait avoir. Il n’y a pas encore d’études qui sont parvenues à respecter complètement ces conditions et c’est pourquoi il n’y a pas encore un consensus général dans la communauté scientifique. Il faudra donc d’ultérieures recherches pour prouver les avantages que les échecs ont réellement.
La deuxième catégorie d'études est surtout l'œuvre de grands maîtres soviétiques, en particulier Benjamin Blumenfeld et Nikolaï Kroguious. Ils analysent la genèse des fautes commises par les joueurs et proposent divers remèdes.
Histoire
De nombreux mythes et théories existent sur l'origine du jeu.
Légendes
Mythe du brahmane Sissa
La légende la plus célèbre sur l'origine du jeu d'échecsG 13 est due aux Arabes. Elle raconte l'histoire d'un roi légendaire des Indes (suivant les versions, le roi s'appelle Balhait/Balhit ou Shahram/Shirham28) qui cherchait à tout prix à tromper son ennui. Il promit donc une récompense exceptionnelle à qui lui proposerait une distraction qui le satisferait. Lorsque le sage Sissa, fils du Brahmine Dahir, lui présenta le jeu d'échecs, le souverain, enthousiaste, demanda à Sissa ce que celui-ci souhaitait en échange de ce cadeau extraordinaire. Humblement, Sissa demanda au prince de déposer un grain de riz sur la première case, deux sur la deuxième, quatre sur la troisième, et ainsi de suite pour remplir l'échiquier en doublant la quantité de grain à chaque case. Le prince accorda immédiatement cette récompense en apparence modeste, mais son conseiller lui expliqua qu'il venait de signer la mort du royaume car les récoltes de l'année ne suffiraient à s'acquitter du prix du jeu. En effet, sur la dernière case de l'échiquier, il faudrait déposer 263 graines, soit plus de neuf milliards de milliards de grains (9 223 372 036 854 775 808 grains précisément), et y ajouter le total des grains déposés sur les cases précédentes, ce qui fait un total de 264-1, soit 18 446 744 073 709 551 615 grains, soit environ 4.1011 tonnes de riz décortiqué29.
Des variantes de cette légende existent, l'une suggérant que le roi accepta à condition que le sage compte les graines lui-même, une autre affirmant que Sissa eut la tête tranchée pour une telle effronterie. Certaines versions disent que Sissa ne demanda rien en échange mais que le roi insistant, Sissa aurait alors décidé de se moquer du roi en lui demandant une récompense qu'il ne pourrait donner.
Légende grecque
Une autre légende, datant du Moyen Âge, place l'invention du jeu durant la guerre de Troie. Palamède, l'un des héros grecs, aurait inventé le jeu pour remonter le moral des troupes durant le siège de Troie30, ainsi que d'autres jeux : « Les Grecs lui attribuaient [à Palamède] l'invention de plusieurs lettres de leur alphabet, de la monnaie, des dés, des osselets et du « jeu d'échecs » (sic) »31,32. C'est l'origine du nom de la première revue échiquéenne, Le Palamède. Cette légende est née d'une traduction erronée du mot grec πεττεία (petteia), un terme désignant un jeu de plateau différent des échecs, l'équivalent du senet égyptien33 et ancêtre probable du Tablut ou « Jeu des cinq lignes »34 parfois traduit, à tort, par « dames »35 ou « échecs »36.
Légende latine
Selon une autre légende, inventée par le poète anglais William Jones en 1763 dans un poème en latin, Euphron (frère de Vénus et dieu des sports) aurait créé les échecs pour aider Mars à séduire la belle Caïssa. Cette dernière est parfois considérée comme la déesse des échecs.