Cornette-Hess et Bacrot-Kazhgaleïev en 1/2 finales du Blitzstream Invitational !
Le Blitzstream Invitational a débuté mercredi soir, il regroupe 8 invités de marque qui s'affrontent dans des matchs à élimination directe et se clôturera par la grande finale dimanche. Puisqu'on ne change pas une formule qui marche, le format de 3+1 en 2 sets gagnants de 3 points a été reconduit. Et quoi de plus naturel que de retrouver aux commentaires pour accompagner Kevin Bordi, le numéro 1 tricolore et vainqueur de la Blitzstream Cup, Maxime Vachier-Lagrave ! Avant de rentrer directement dans le vif du sujet avec les quarts de finale, brève introduction des huit compétiteurs, qui sur le papier, semblaient tous capables de tirer leur épingle du jeu :
- Monsieur Étienne Bacrot, 2673 FRA
- Maxime Lagarde, champion de France en titre, 2657 FRA
- L'iconique Robert Hess, 2591 USA
- Murtas Kazhgaleïev, alias "jouer vite et bien", 2569 KAZ
- Matthieu Cornette, théoricien de l'extrême, 2558 FRA
- Sébastien Mazé, gladiateur du mardi, 2557 FRA
- Krikor Mekhitarian, la "brazilian touch", 2554 BRE
- Faaaaaab' Libi' qu'on ne présente plus, 2510 FRA
Les deux premiers à entrer dans l'arène sont le nantais Maxime Lagarde et le bordelais Matthieu Cornette.
Une nulle de combat après une phase tactique supersonique donne le ton d'un affrontement des plus âpres dans ce derby de l'Atlantique. Dans la foulée, fort des pièces blanches, Matthieu revisite le vieux diction "si un homme averti en vaut 2", nul doute qu'un Matthieu "pas préparé" vaut un stockfish bien huilé. Vingt-deux, soit le nombre de coups qu'il lui faudra pour tisser une toile d'araignée autour du roi téméraire de Maxime dont l'oraison funèbre sera prononcée sur la case c6. Le sacrifice de qualifié précoce mais thématique paraît tout droit sorti du laboratoire made in Cornetto et l'expérience s'est révélée des plus douloureuse pour le champion de France en titre, jugez du peu :
Cette partie, visiblement peu au goût du vaincu, fait alors prendre aux débats une tournure très "chevaleresque" ! Afin de sortir son rival des sentiers battus, Maxime opte pour 1.Ca3 2.Ch3 et 1...Ca6 2...Ch6 avec les noirs avec... un certain succès. Il commence par égaliser avec style - démontrant que "cavalier au bord" rime davantage avec "fort" que "mort", puis par mettre une grosse pression avec les noirs. Un élan kamikaze dans une finale où il doit se contenter de la nulle après avoir caressé la victoire de près, fait basculer la rencontre. Sonné, Maxime concède la première manche.
Si certains profitent des 5 minutes entre les deux sets pour une pause pipi, pour Matthieu, c'est pause théorie ! Il revient donc pour le deuxième, la fleur au fusil et renvoie à l'écurie les impétueux chevaux adverses pour prendre la tête. Maxime se retrouve contraint d'opter pour une approche plus académique afin d'espérer recoller au score mais là encore Caïssa en décide autrement. Alors qu'il semble prendre le dessus après une défense chirurgicale contre le sacrifice de pièce audacieux de son rival, les ultimes secondes lui sont fatales. La folie s'empare de l'échiquier avec deux rois surexposés et Maxime tente de faire tomber Matthieu avec 2 premoves coup sur coup. Ce dernier - dans un joli pied de nez aux arméniens et indiens à la connexion défaillante - capture sereinement la dame adverse avec... un dixième de seconde à son cadran. Vous pouvez revivre cet incroyable money time ici.
Après ce succès, le vin est tiré et le girondin se qualifie sans trembler, offrant au passage une dernière balade goût panaché au roi nantais.
La deuxième affiche des 1/4 de finale oppose Sébastien Mazé à Robert Hess. On en profite pour faire plus ample connaissance avec le sympathique commentateur de Chess.com - vice champion des États-Unis en 2009 - de quoi mettre un sérieux coup de pression à son rival. Mais ça tombe bien, Sébastien est venu en tenue de combat !
Les premières joutes sont ultra serrées mais c'est l'américain qui, après un clin d'œil en lançant les hostilités avec une Française, se montre le plus précis dans les moments chauds pour prendre le large 2 à 0. Une superbe réaction d'orgueil de Sébastien lui permet de recoller à deux partout après une passe d'armes tactique qui voit Robert, sans solution, laisser défiler ses ultimes secondes :
Les deux hommes se retrouvent donc en situation de mort subite, la prochaine partie décisive décidera du vainqueur du set... et en l'occurrence du match :
Sébastien ne se remettra pas de cet uppercut, d'autant que pour ne rien arranger, il concède une cruelle défaite au temps d'entrée de seconde manche. Robert n'a ensuite plus qu'à dérouler pour sécuriser sa place en demi-finale.
Jeudi, c'est au tour des quatre autres gladiateurs d'entrer dans l'arène. D'abord Murtas Kazhgaleïev contre Fabien Libszewski :
Le français, ultra concentré, domine le début de match mais "une chipo" dans la 1ere partie où il compte jusqu'à 3 pions de plus lui coûte très cher. Il parvient malgré tout à enchaîner deux victoires pour s'offrir deux balles de set mais dans une fin de manche irrespirable, Murtas fait mieux que jouer vite et bien et sa technique en finale fait pencher la balance en sa faveur. Le joueur français, touché au moral, est impuissant dans le second set où le kazakh monte clairement d'un cran. Rapide, précis et mettant sans cesse la pression sur un Libi' pourtant extrêmement accrocheur, rien ne peut arrêter l'ouragan kazakh.
Très humble, en interview d'après-match, le vainqueur reconnaît avoir eu de la chance dans certaines parties mais quoiqu'il en dise, son coup de patte tactique 29...Cb1 en a fait pâlir plus d'un, à commencer par son futur adversaire en 1/2 finale. Cette partie illustre à merveille le style oppressant de Murtas, luttant toujours pour l'initiative jusqu'à étouffer sa proie, à l'image d'un certain Anatoly K.