Ouverture Catalane
La partie catalane est une ouverture du pion d4 dans laquelle les blancs jouent avec la structure d4-c4 caractéristique du gambit dame et un fianchetto-roi. L'objectif : conserver une pression à long terme sur le centre et l'aile dame. Les positions résultantes vont leur offrir un léger avantage difficile à juguler et des finales très techniques.
Position de départ
La partie catalane commence généralement par les coups 1.d4 Cf6 2.c4 e6 3.g3, mais on peut également y entrer via d'autres ordres de coups. Après avoir placé leurs pion en d4 et c4 comme on le fait généralement dans une partie du pion dame, les blancs mettent leur fou en fianchetto. Si les noirs choisissent également de mettre le fou du roi en fianchetto, on parle alors de défense est-indienne.
Avantages
- Subtilité positionnelle
- Applique une pression à long terme sur la position noire
Inconvénients
- Le pion c4 peut être vulnérable
- Demande une excellente technique pour convertir de petits avantages en victoires
Lignes principales
Il existe trois manières de jouer contre la catalane : prendre par dxc4 (catalane ouverte), soutenir le pion d5 par …c6 (catalane fermée), ou éviter les grandes lignes en jouant un autre coup que …d5 (généralement …c5).
La catalane ouverte
Les noirs ouvrent la grande diagonale pour le fou g2 des blancs. Dans certains cas, les blancs décident de récupérer le pion immédiatement par Da4+ suivi de Dxc4 avant que les noirs aient pu roquer, mais ce n'est pas obligatoire. Ils doivent en effet être prêt à traiter cette ouverture comme un gambit positionnel (à l'instar du Benko pour les noirs). L'objectif est d'appliquer une pression constante sur la diagonale h1-a8, comme dans cette partie jouée au championnat du monde 2021 :
S'ils ne conservent pas le pion de plus, les noirs doivent absolument trouver un moyen de se battre pour la diagonale, comme dans cette ligne :
La catalane fermée
Lorsque les noirs ne jouent pas ...dxc4 et qu'ils choisissent plutôt de surprotéger le pion d par …c6, on parle de catalane fermée. La ligne traditionnelle, qui est également la plus jouée, continue comme suit :
Les noirs vont simplement fermer la diagonale a8-h1 grâce à laquelle les blancs espéraient dominer la partie. Comme dans la plupart des parties à centre fermé, le milieu de jeu sera lent et plein de manœuvres.
Les anti-catalanes
La partie catalane étant définie par la suite 1.d4 Cf6 2.c4 e6 3.g3, les noirs peuvent l'éviter avec de nombreux coups dès le début de partie. Par exemple, 3...c5 leur permettra de transposer dans la Benoni ou dans une variante de la partie anglaise. Une autre alternative est le coup 3...Fb4+, qui mène plutôt vers la bogo-indienne, notamment car f3 est la case de développement normale du cavalier g1 dans les deux ouvertures. Les noirs ne sont également absolument pas obligés de jouer 2...e6 et peuvent éviter la catalane avant même qu'elle ne survienne. Par exemple, 2.g6 3.g3 mène à une variante de la défense est-indienne.
Bien que la catalane soit avantageuse pour les blancs, ils doivent être préparés à toutes les alternatives, sous peine de se retrouver dans une position plus favorable aux noirs.
Historique
Selon l'ouvrage Les ouvertures d'échecs modernes, la partie catalane tient son nom du tournoi de Barcelone 1929, au cours duquel le GMI Xavier Tartakover l'aurait supposément inventée. Cependant, on en retrouve des traces dès 1909. Elle est jouée pour la première fois en championnat du monde en 1937 (Euwe-Alekhine), et on l'a beaucoup retrouvée lors des matchs suprêmes en 2006 (Kramnik-Topalov) et 2010 (Anand-Topalov). Après une décennie d'absence, cette ouverture a fait un retour remarqué lors du championnat du monde 2021. (Carlsen-Nepomniachtchi)