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Morphy's Aunt

batgirl
Nov 6, 2010, 6:49 PM 6

In her book, The French Literature of Louisiana,  Ruby Van Allen Caulfield mentions Paul Morphy's mother's sister, Aménaide, who had married Dr. Edouard Fortin.  She had written an essay published in CRAL (Comptes-Rendus Athénée Louisianais - the publication of the Athénée louisianais), May 1882 entitled, "La Musique."  This entitled her to the following mention in the above book:

This essay won the prize given to women in the contest of 1881.  It considers music from the point of view of its practical, intellectual and moral usefulness.
Mme. Fortin was born in New Orleans on Sept. 22, 1814, daughter of Joseph Le Carpentier and Modeste Blache.  She was educated by private tutors and was a fine musician.  She was left a widow when quite young, and when reverses came after the Civil War, she bravely went to work.  For a number of years she had a postition in the New Orleans mint.  In 1887 she went with her daughter, Mrs. Marie Fortin Buck, to Birmingham, Alabama.  She died there in 1896.  (Information from her granddaughter, Miss Mina Buck of Evanston, Illinois and from her baptismal record in the Cathedral).

Below is her manuscript published in C.R.A.L. (in the original French):

 


Manuscrit de Mme Edouard Fortin.

LA MUSIQUE

CONSIDÉRÉE AU POINT DE VUE DE SON UTILITÉ PRATIQUE, INTELLECTUELLE ET MORALE.

Le dieu des arts qui est représenté tenant une lyre, semble témoigner que de tous les trésors du Parnasse la musique est le plus agréable, le plus utile, le plus puissant. Le pouvoir de cet art divin et les effets qu'il produit sont incontestables et infinis.

Nous ne pensons pas nous écarter du sujet proposé par l'Athénée Louisianais eu remontant, avec la musique, vers la plus haute antiquité, d'où nous la voyons suivre le cours des siècles, se mêler au paganisme, à toutes les croyances, à- la plus belle philosophie et arriver jusqu'à nous forte et irrésistible.

L'origine de la musique n'est pas absolument démontrée. Différents peuples revendiquent la gloire d'avoir vu naître ce bel art; mais, Thêbes s'élevant aux sons harmonieux de la lyre d'Ampliioii, Thêbes, la patrie de tant d'hommes illustres et le théâtre de si hauts faite, Thêbes naissante, donnant son premier sourire à la musique, atteste en faveur des Grecs et prouve l'amour qu'ils avaient pour ce grand art et le pouvoir qu'ils lui accordaient. Ce fut aussi à la musique que la célèbre Sapho demanda les dernières consolations de sa vie ; car, au moment de tenter le saut de Leucade, elle chanta les stances créées par sa belle poésie.

Quelques auteurs prétendent que ce sont les oiseaux qui ont appris la musique à l'homme et que leur doux ramage a trouvé un joyeux écho dans son âme; d'autres ont attribué l'invention de la musique à une foule de personnages et presque toujours à des divinités. Hermès chez les Egyptiens, Brahma chez les Indiens, Fo-hi chez les Chinois, Tubal chez les Hébreux, Apollon, Orphée, Amphion, etc., chez les Grecs, ont été regardés comme ayant les premiers appris aux hommes à cultiver la musique ; mais eu leur eu attribuant la découverte, on n'entendait sans doute parler que de quelques règles de l'art qu'ils avaient posées et enseignées; c'est dans ce sens que des historiens ont dit que Pythagore était l'inventeur de la musique. Néanmoins, tout en honorant ces personnages comme les pères de l'art musical, des anciens ont préféré donner à la musique l'origine que les Chinois ont également formulée, en disant qu'elle avait eu pour berceau le cœur de l'homme ; cette opinion paraît être la plus simple, la plus naturelle : car celui qui le premier, près d'un objet chéri, chercha, pour lui représenter l'état de son âme, un langage plus accentué, plus pathétique, plus passionné, celui-là trouva la mélodie, par conséquent, la musique.

Dans l'antiquité la musique était une science bien plus étendue qu'on ne le pense ordinairement : elle ne comprenait pas seulement les chants de la voix humaine et les sons des instruments ; mais elle renfermait aussi l'art poétique, l'art du geste et de la danse et l'art de la déclamation. Si la musique moderne a perdu ces avantages-là, elle a conservé les attraits et l'empire de la musique ancienne ; car elle exerce son influence salutaire sur toute l'humanité. Elle sait inspirer à chacun de douces émotions ; les natures les plus froides, les plus farouches même sont émues à ses accents et aspirent, avec bonheur, son atmosphère enchantée qui leur semble venue du ciel pour vivifier leur âme, leur donner une idée de toutes les passions nobles et leur faire apercevoir ce rien qui fait aimer la vie, ce rien que nous ne comprenons pas mais qui nous élève la pensée, par l'admiration de tout ce qu'il y a d'harmonieux et de beau, par l'affinité de nos cœurs avec l'auteur des merveilles qui nous entourent.

La musique, disons-le encore, agit merveilleusement sur le moral et les mœurs des peuples les moins civilisés. Selon le style qu'elle revêt, elle peut enflammer leur courage ou apaiser leurs plus cruelles passions ; elle sait ennoblir leur âme et les conduire, graduellement, à cette civilisation qu'ils ne connaissaient pas.

L'humanité doit une dette de reconnaissance à la musique : que de pensées inhumaines n'a-t-elle pas détournées, combien d'actions injustes n'a-t-elle pas empêchées î Quand le peuple romain oppressé, haletant sous Néron, levait la tête et respirait pins librement, c'était à la musique qu'il le devait, car, telle qu'une divinité bienfaisante, elle s'emparait parfois de l'âme du tyran, la subjuguait et la remplissait de sentiments plus doux.

La musique est une amie bienveillante qui participe à nos joies et partage nos peines ; elle est la fidèle alliée de ceux qui, pour une cause ou une autre, ne peuvent demander au monde ses plaisirs attrayants; ainsi l'aveugle, quel que soit le rang où le sort l'ait placé, n'est-ce pas avec la musique qu'il se récrée et qu'il oublie, peut-être, qu'une obscurité complète le suivra jusqu'au tombeau? Si cet infortuné appartient au peuple, il porte sou petit orgue entre ses bras, s'assied au coin des rues où il le fait gémir, et s'appuyant sur ce fidèle compagnon, il y pose sa sébille dans laquelle vient tomber l'aumône du passant.

Si la musique agit isolément, elle entraîne aussi les masses; nous savons que des populations entières se sont parfois soûlevées au seul chaut d'un hymne patriotique, et les souvenirs imprimés par la musique sont si vivants que tout Français tressaille aux sons de la Marseillaire, chantée pour la première fois il y a près d'un siècle.

Depuis que Gui A ré tin jeta les fondements de la musiquu moderne, en réunissant les sons musicaux en une échelle diatonique ou gamme et qu'à chacun de ces sons il donna un nom qu'il tira de l'hymne de St-Jean :

                                              Ut queant Iaxis
                                              Resonare fibris
                                              Mira gestorum
                                              Famuli tuorum
                                              Solve polluti
                                              Labii reatum,

et que plus tard, Henri de Putte y ajouta la syllabe

Ici, dans notre ville natale, élevons, mesdames, un autel à la musique, car elle nous donne l'indépendance et le bien-être. Naguère cette bienfaitrice était considérée comme un simple délassement, comme une parure par la société ; aujourd'hui, quelle différence! et combien voyons-nous de nobles femmes et de jeunes tilles qui se consacrent à l'enseignement de l'art musical ! Que de talents ignorés sont venus briller à nos yeux et nous convaincre que, sans la musique, tous les autres bienlaits de l'instruction, de l'éducation demeurent incomplets !

La musique remplit la création ; elle y exhale ses doux parfums : l'oiseau dans l'air, h, bruit de l'onde, la feuille frissonnante sur sa tige, tout enfin nous fait entendre une délicieuse harmonie.

Le réveil de la nature est un concert adressé au Créateur et c'est dans des cantiques harmonieux, dans une musique céleste que nos prières et nos vœux sont déposés aux pieds de l'Eternel.

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