Partie écossaise

1.e4 e5 2.Nf3 Nc6 3.d4

La partie écossaise est une très ancienne ouverture du pion e considérée comme l'une des meilleures alternatives à la partie espagnole. Excellente pour les débutants, c'est également une arme de choix pour viser la victoire à haut niveau. L'un de ses plus fervents défenseurs fut notamment la légende Garry Kasparov. D'autres joueurs d'élite tels que Vladimir Kramnik, Levon Aronian et Magnus Carlsen ont également l'écossaise dans leur arsenal.


Position de départ

La partie écossaise survient après les coups 1.e4 e5 2.Nf3 Nc6 3.d4. Les blancs frappent immédiatement au centre, forçant les noirs à abandonner leur pion central e5. Le coup d4 garantit donc un avantage d'espace aux blancs et permet d'éviter les longues lignes théoriques de la partie espagnole, ce qui est particulièrement pratique pour les débutants.

Scotch Game Chess Opening.
La position de départ de la partie écossaise.

En revanche, ce troisième coup relâche la tension centrale un peu trop tôt. Les blancs vont également devoir investir un autre tempo pour récupérer le pion après la prise en d4.

Avantages

  • Les blancs se garantissent un avantage d'espace.
  • Les noirs ne peuvent pas maintenir leur contrôle de la case e5.
  • Evite les rouages ultra-théoriques de la partie espagnole.

Inconvénients

  • Relâche la tension centrale.
  • Joue deux fois le cavalier pour récupérer le pion d4.
  • Le pion e4 peut devenir faible.

Variantes

La théorie de la partie écossaise n'est pas aussi fournie que celle des autres ouvertures avec 1.e4 e5, comme la partie espagnole. Cependant, il est de bon ton de se familiariser avec ses variantes les plus populaires avant de la jouer :

Variante Schmidt

La variante Schmidt était l'arme préférée d'Anatoly Karpov contre l'écossaise. Elle survient après les coups 1.e4 e5 2.Cf3 Cc6 3.d4 exd4 4.Cxd4 Cf6. A partir de là, la partie peut prendre un tour positionnel ou tactique selon les choix du conducteur des blancs. C'est dans cette ligne que Kasparov a introduit l'idée de prendre immédiatement le cavalier c6 pour enchainer avec la poussée e5, ce qui crée un déséquilibre et une position très riche.

Variante classique

La variante classique survient après les coups 1.e4 e5 2.Cf3 Cc6 3.d4 exd4 4.Cxd4 Fc5. Les noirs mettent immédiatement la pression sur le cavalier central des blancs, forçant leur adversaire à dépenser un tempo pour mettre leur cavalier en sécurité ou pour le défendre une fois de plus.

Gambit écossais

Le gambit écossais survient après les coups 1.e4 e5 2.Cf3 Cc6 3.d4 exd4 Fc4. Les blancs ne récupèrent pas le pion d4 et mettent l'accent sur le développement. Une ligne qui conviendra aux joueurs tactiques qui privilégient l'activité au matériel.

Gambit Göring

Le gambit Göring est l'option la plus agressive à disposition des blancs dans la partie écossaise. Après les coups 1.e4 e5 2.Cf3 Cc6 3.d4 exd4 4.c3, les blancs sacrifient un pion pour accélérer le développement de leur cavalier b1.

Les blancs peuvent également donner un second pion par 1.e4 e5 2.Cf3 Cc6 3.d4 exd4 4.c3 dxc3 5.Fc4. Mais accepter ce second sacrifice est extrêmement dangereux pour les noirs. En effet, les blancs vont développer une nouvelle pièce rapidement et obtenir de très belles chances d'attaque contre le roi noir.

Variante Malaniuk

La variante Malaniuk survient après les coups 1.e4 e5 2.Cf3 Cc6 3.d4 exd4 4.Cxd4 Fb4+. Les noirs mettent le roi blanc en échec pour provoquer la poussée c3 (l'alternative 5.Cc3 étant loin d'être idéale). Désormais en c3, le pion prive le cavalier b1 de sa case de développement la plus naturelle, ce qui rend l'activation des pièces blanches plus compliqué.

Les lignes les plus efficaces pour les blancs

La partie écossaise est une très bonne ouverture pour les blancs sur 1.e4 e5. En outre, elle évite les chemins très théoriques de la partie espagnole. Retrouvez ci-dessous ses variantes les plus efficaces côté blancs :


Variante Schmidt avec 5.Cxc6

Le cinquième coup introduit par Kasparov lors de son match pour le titre mondial contre Karpov en 1990 a contribué à repopulariser la partie écossaise. Comme vu précédemment, les blancs jouent 1.e4 e5 2.Cf3 Cc6 3.d4 exd4 4.Cxd4 Cf6 5.Cxc6, et après la reprise 5...bxc6, ils poussent le pion e. En résulte une position tendue dans laquelle les blancs gagnent 36% du temps, pour 33% de nulles et 31% de défaites. De bonnes statistiques !

Variante classique avec 5.Cxc6

Si les noirs choisissent la variante classique, les blancs peuvent répondre par 1.e4 e5 2.Cf3 Cc6 3.d4 exd4 4.Cxd4 Fc5 5.Cxc6. Dans cette variante, ils ont gagnent 37% du temps, pour 38% de nulles et 25% de défaites. Après la prise du cavalier, les noirs peuvent jouer 6...bxc6 ou bien la variante de l'Intermezzo avec 6...Df6, menaçant mat en un. Ces deux suites sont bonnes pour les blancs.

Gambit Göring

Si vous êtes un joueur d'attaque ne craignant pas de jouer avec du matériel en moins, le gambit Göring est peut-être pour vous ! Après les coups 1.e4 e5 2.Nf3 Nc6 3.d4 exd4 4.c3, les blancs gagnent 44% du temps pour 26% de nulles et 32% de défaites. Bien qu'elle soit peu jouée chez les maîtres, cette variante a d'excellents résultats au niveau amateur.

Scotch Game Chess Opening.

Les lignes les plus efficaces pour les noirs

Face à l'écossaise, les noirs doivent absolument prendre le pion d au troisième coup. Ensuite, ils ont plusieurs options fiables. Voici les meilleures : 

Variante Malaniuk

La variante Malaniuk est l'une des lignes les moins jouées, et pourtant l'une des plus efficaces pour les noirs. Après 1.e4 e5 2.Cf3 Cc6 3.d4 exd4 4.Cxd4 Fb4+, les noirs gagnent 34% du temps, pour 32% de nulles et 34% de défaites. Cette ligne est encore plus forte au niveau amateur, où les noirs ont de meilleurs résultats que les blancs !

Scotch Opening Chess Opening.

Gambit écossais, défense Dubois Réti

Si les blancs jouent le gambit écossais, les noirs ont une arme de choix : la défense Dubois Réti, qui survient après les coups 1.e4 e5 2.Cf3 Cc6 3.d4 exd4 4.Fc4 Cf6. A partir de cette position, les noirs gagnent 37% du temps, font nulle à 31%, et perdent les 33% restant. Une statistique que l'on retrouve au niveau professionnel comme amateur.

Gambit Göring refusé

Contre le joueur blanc ambitieux qui choisit le gambit Göring, les noirs peuvent simplement décliner l'offre d'un pion en jouant 1.e4 e5 2.Cf3 Cc6 3.d4 exd4 4.c3 d5. A partir de cette position, les noirs gagnent 32% du temps, pour 32% de nulles et 36% de défaites.

Historique

On retrouve trace de la partie écossaise dès 1750 dans le Traité du jeu d'échecs du maître italien Ercole del Rio. Cependant, elle n'obtient son nom qu'en 1824 lors du célèbre match par correspondance entre les villes de Londres et d'Edimbourg. A trois reprises, les écossais proposèrent cette ouverture, remportant deux victoires et annulant la troisième partie.

Scotch Game Chess Opening
On retrouve pour la première fois trace de la partie écossaise dans le cinquième chapitre du traité d'Ercole del Rio (1750).

Cette ouverture est assez populaire durant tout le XIXème siècle avant de connaitre un déclin durant le XXème, de nombreux joueurs la considérant trop creuse stratégiquement. C'est Kasparov qui va lui rendre ses lettres de noblesse en la jouant lors de trois championnats du monde consécutifs en 1990, 1993 et 1995. De nos jours, de nombreux joueurs d'élite la jouent régulièrement, Carlsen compris.

Parties célèbres

Ville d'Edimbourg - London Chess Club, 1824

Siegbert Tarrasch - Berthold Lasker, 1882

Garry Kasparov - Anatoly Karpov, 1990

Wesley So - Magnus Carlsen, 2017


Conclusion

Vous connaissez désormais la partie écossaise, comment la jouer, et les meilleures lignes pour les blancs comme pour les noirs. Prochaine étape ; rendez-vous sur notre base de données de parties de maîtres pour étudier l'ouverture et en apprendre toujours plus !

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